Une seconde de décontamination du quotidien emmerdant

 

Chaque jour compté de confinement, les Souffleurs vous envoient un petit texte d’écriture de guérison.

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 JOUR 14

« Prolonge le beau temps de ta parure.
Ensoleille-toi à l’astre de tes seins de soie
et attends la bonne nouvelle.
Ensuite,nous grandirons. Nous avons du temps
pour grandir après ce jour… »

 

Mahmoud Darwich
in Ne t’excuse pas
Actes Sud, 2006

 

 JOUR 13

 

« Le matin je pleure
à cause de tout ce que nous avons perdu
puis en ouvrant la fenêtre
je me sens moins triste
nous n’avons perdu que très peu me dis-je
seulement l’étendue qui était en nous
avec ses plaines et ses vallées
seulement l’étendue
mais il nous reste la fenêtre
»

 

Jean Portante
Ouvert fermé
Editions PHI/L’Orange Bleue, 1994

 

 

JOUR 12

« De tout il resta trois choses :

La certitude que tout était en train de commencer

La certitude qu’il fallait continuer,

La certitude que cela serait interrompu avant que d’être terminé.

Faire de l’interruption un nouveau chemin,

Faire de la chute, un pas de danse,

Faire de la peur, un escalier,

Du rêve, un pont,

De la recherche…

Une rencontre. »

Fernando Sabino

 

 

JOUR 11

« à l’horizon on entend rouler en grondant les catastrophes à venir
grandit la tentation de s’isoler de camper sur du définitif en détestant toute contradiction
ainsi cuirassés séparés de nous-mêmes
laisserons-nous la peur nous servir de guide ?

Recueillir ensemble les preuves fragiles de notre résistance
nous étonner encore d’être
et sentir résonner le multiple
comme des étages soudain traversés par la même lumière
Un feu prend… »

 

Pierre Meunier
(texte de présentation du spectacle Les Etonnistes)

 

JOUR 10

« Ceux qui traînent au lit ou dans la baignoire,
ce sont les mêmes.
Il laissent monter jusqu'à leur cœur, le chant des baleines bleues, la fugue royale du temps qui passe.
»

 

Christian Bobin La folle allure
Folio Gallimard

 

 

JOUR 9

«  Je ne tomberai pas. J’ai atteint le centre.
J’écoute le battement d’on ne sait quelle divine horloge, à travers la mince cloison charnelle de la vie pleine de sang de tressaillements et de souffles.
Je suis près du noyau mystérieux des choses comme la nuit on est quelquefois près d’un cœur.
»

 

Marguerite Yourcenar – Feux – Éd. Gallimard

 

JOUR 8

«  Ralentie, on tâte le pouls des choses ; on y ronfle ; on a tout le temps ;
Tranquillement, toute la vie.
On gobe les sons, on les gobe tranquillement, toute la vie.
On vit dans son soulier
On y fait le ménage.
On n’a plus besoin de se serrer.
On a tout le temps.
On déguste.
On rit dans son poing.
On ne croit plus qu’on sait.
On n’a plus besoin de compter.
On est heureuse en buvant ;
On est heureux en ne buvant pas
On fait la perle
On est, on a le temps
On est la ralentie.»

 

Henri Michaux "Plume" Gallimard

 

 JOUR 7

 

« (…) Puisque l’orage brûle

dans des cheveux d’enfant

puisque la gueule des amandiers

râle dans les jardins

aimons-nous

Et puisque l’homme mord son rêve

jusqu’au sang

aimons-nous c’est renaître. »

Jean-Pierre Siméon

Lettre à la femme aimée au sujet de la mort

Éditions Gallimard 2017

 

JOUR 6

« Dans la solitude, mais non pas solitaire,
reconduisons la vie, avec la certitude qu'aucun effort ne peut finir dans le désert.
Un jour viendra quelqu'un boira à pleines mains l'eau de lumière qui sourdra des pierres
de ce temps nouveau que nous sculptons.
»

 

Miquel Martí i Pol
Extrait de - Le domaine de tous les domaines.
In Joie de la parole (Anthologie) Traduction - Patrick Gilfreu
Éditions Orphée – Collection La Différence

 

JOUR 5

« Je suis dans la clarté qui s’avance
Mes mains sont toutes pleines de désir, le monde est beau.

Mes yeux ne se lassent pas de regarder les arbres, les arbres si plein d’espoir, les arbres si verts.

Un sentier ensoleillé s’en va à travers les mûriers.
Je suis à la fenêtre de l’infirmerie.

Je ne sens pas l’odeur des médicaments. Les œillets ont dû fleurir quelque part.

Et voilà, mon amour, et voilà, être captif,
là n’est pas la question,
la question est de ne pas se rendre. »

 

Nazim Hikmet in Anthologie poétique
Éditions Babélio

 

JOUR 4

« Prends l’entier du ciel dans ton crâne !

Ouvre-le jusqu’aux horizons, jusqu’au levant,

jusqu’au couchant !

Fais tout entrer dans sa nacelle : nuages, constellations, planètes !

— Nous sommes si grands sans le savoir... »

 

Valérie Catherine Richez in Petite Âme
Éditions Unes

 

JOUR 3

«  Il y a là un courage

sans muscles ni médailles

celui du galet qui lutte avec la vague

non pour la vaincre

mais pour réapparaître »

 

Jean-Pierre Siméon in "Politique de la beauté"

Édition Cheyne

 

 

JOUR 2

« De temps en temps se retirer de ce qu’on fait et gagner quelque hauteur pour respirer et dominer.
J’ai le cerveau comme une noix fraîche, et j’attends le coup de marteau qui doit l’ouvrir.
»

 

Jules Renard Extrait de son journal
Édition Gallimard 1935

 

 

JOUR 1

« ...Avec le mot caresse on peut traverser un fleuve peuplé de caïmans...
...Il m’arrive de dessiner un mot sur le sol
Avec un mot frais on peut traverser le désert... »

 

Aimé Césaire tiré du poème Mot Macumba
Recueil « Moi, laminaire »
Éditions Seuil 1991

 

 

 


 

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