LIGNE ARTISTIQUE

Collectif créé par Olivier Comte en 2001, les Souffleurs commandos poétiques sont connus dans le monde entier pour leurs « Commandos poétiques », lors desquels ils chuchotent à l’oreille des passants des secrets poétiques, philosophiques et littéraires à l’aide de longues cannes creuses.

[depuis 2001, des centaines d’apparitions publiques, en France et à l’international – ils travaillent les textes en langue originale et ont ainsi soufflé en espagnol au Mexique et en Espagne, en italien en Italie, en allemand en Allemagne, en arabe en Syrie, en Jordanie et dans les Territoires palestiniens, en hébreu en Israël, en portugais au Brésil, en turc en Turquie, en roumain en Roumanie, en japonais au Japon, en anglais aux États-Unis, en innu au Canada.]

 

Se définissant en tant qu’artistes-poètes, ils pensent et expérimentent concrètement la possibilité de transformation du monde par le regard. Armés de la langue et de la pensée poétique qu’ils n’ont eu de cesse d’explorer depuis près de dix-huit ans, ils inventent un ensemble de gestes, œuvres, installations, écritures, performances, processus contaminants et de regards autour d’une « pensée de la vitesse ».

 

Ils regroupent aujourd’hui une quarantaine d’artistes (comédiens, écrivains, danseurs, musiciens, plasticiens…)

 

Ils considèrent la poésie comme un art plastique du langage et une autobiographie ultime de l’espèce humaine, affirment qu’elle est un trésor universel et l’élèvent au rang de pharmacopée essentielle dotée de principes actifs puissants. Elle est leur inspiratrice, elle les a transformés. Ils sont sa troupe, ils en ont la viande persillée. Ils expérimentent concrètement une série de concepts² pour boxer poétiquement le monde et le transformer.

 

Ils considèrent l’espace public³ comme un moment d’emprunt à usage personnel, non comme un lieu exclusif à usage propriétaire, affirment ainsi que le territoire c’est du moment donc du temps, scrutent le va-et-vient du monde dans son clignotement général et proposent des œuvres à caractère unique à fort potentiel de transformation du monde en fabriquant du « moment impossible inoubliable ».

 

Les œuvres de poétisation du territoire sont des travaux essentiels à ces recherches sur la possibilité de transformation du monde par la poésie qui s’inscrivent dans le temps. Les Souffleurs commandos poétiques appréhendent poétiquement un lieu, le questionnent, en établissent le diagnostic poétique et proposent des expérimentations poétiques adaptées, en  s’attachant à tisser des liens avec des partenaires multiples et les habitants. 

 

Cette manufacture de regards poétiques posés sur le monde ambitionne de proposer des « solutions de contre-point poétique » à certains points de friction de notre société moderne en s’appuyant sur une posture insolente, celle de l’élégance et une notion fondamentale frappée d’obsolescence, la tendresse.

 

Les Souffleurs commandos poétiques revendiquent amoureusement la folie de cette « Tentative de ralentissement du monde », s’autorisent tous les outils de l’art et toutes les surfaces de déploiement, savent que le sang de l’utopie coulera toujours dans les veines de l’être humain et considèrent comme compliment le mot « politique ! » quand il est parlé de leur combat poétique.

 

« Nous sommes animés de la conviction qu’il y a urgence pour la civilisation occidentale à réintroduire de la durée dans le temps - condition fondamentale de la transmission et de l’acquisition du savoir - , temps humain contemporain travaillé au fer rouge de la vitesse de l’image et des catastrophes sociales provoquées par le calcul instantané et incontrôlable des algorithmes informatiques régissant les flux financiers planétaires. »

 

« Considérant l’œuvre en tant que processus – et organisant soigneusement l’éthique des conditions de ce processus – nous pratiquons l’acte unique à forte persistance, utilisant tous supports, toutes surfaces, tout art sans exclusion d’outils pour répondre aux questions que se pose l’homme contemporain face à l’accélération exponentielle de la vitesse du monde. À cet égard, nous affirmons que l’artiste a une légitimité de réponse au moins égale à celle du politique, de l’économiste, du policier ou du chercheur. »

 

Olivier Comte

 

¹ Commandos : petits groupes d’êtres humains déterminés

 ² Concepts : Exercice de dissolution de l’artiste dans la superficie, inversion bâtisseurs/funambules, légère modification des indices, pratique de contamination sémantique du champ politique, etc.

 ³ Espace : étendue qui ne fait pas obstacle au mouvement / Public : qui concerne le peuple dans son ensemble

Écrire pour l’espace public : penser l’étendue ne faisant pas obstacle au mouvement du peuple et boxer ses concepts en tirant la langue.

 


Prix SACD Arts de la rue en 2010.

Prix SENGHOR-CÉSAIRE  en 2015. Ce prix, assorti de la médaille de Chevalier de l'Ordre de la Pléiade, est décerné par l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie et reconnaît les mérites de personnalités qui se sont illustrées en faveur de la promotion de la francophonie et du dialogue des cultures.  

EMPREINTES SENSIBLES / RELATIONS AUX ARCHIVES / MÉMOIRE ET TRANSMISSION

Rendre compte des lignes qui bougent.

 Des regards qui se décalent.

 Faire récit des travaux menés, des expérimentations, des rencontres.

 Restituer une matière artistique et collective à notre mémoire vivante.

 

Nous affirmons que l’œuvre est un processus qui se construit avec les territoires, les villes, les habitants que nous rencontrons. C’est cet ensemble qui permet l’émergence de l’œuvre et la transformation du monde grâce au regard poétique.

 

Il est pour nous essentiel qu’au-delà de l’incandescence des moments vécus, ces travaux laissent des empreintes dans le temps, en imprègnent les archives municipales ou départementales pour mémoire, et ainsi continuent d’infuser, de se sédimenter, devenant ainsi une matière collective d’analyse et de réflexion futures. Au travers des liens que nous développons avec les archives continue de se creuser la question de la transmission.

 

À l’issue des résidences et de certains projets de « territoires éphémères », nous déposons en archives l’ensemble des matériaux recueillis (photographies, œuvres collectives, poèmes, bilans, documents administratifs, etc.).

 

L’importance du dépôt en archives est particulièrement présente dans l’œuvre Tornade selfies, portrait photographique monumental d’un territoire. Ils nous arrivent aussi de garder précieusement des cartes poétiques produites que nous renvoyons par la poste aux participants quelques années plus tard.

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