16PB634 Abidjan 16 – Côte d’Ivoire

© Les Souffleurs commandos poétiques

 

Et voilà mon amour, et voilà,
être captif là n’est pas la question,
la question est de ne pas se rendre.

Nazim Hikmet (Turquie)
Trésor poétique municipal mondial d’Aubervilliers – Texte 2018-049
Déposé en turc par Yakamoz le 17 février 2018

 

 

 

 

 

Depuis Aubervilliers, les jours d’été, Souffleurs et habitants - petits et grands - reprennent tendrement un rituel de correspondance et confectionnent des cartes postales à celles et ceux qui nous sont proches et parfois nous manquent à des milliers de kilomètres.

 


En puisant dans les poésies, chants et proverbes du Trésor, chacun s’essaye à la calligraphie des langues du monde pour envoyer des nouvelles particulières d’Aubervilliers, de la Courneuve à Abidjan.

 


On choisit précieusement dans les pages du Trésor poétique municipal mondial, ici une surprise poétique dans la langue maternelle du destinataire, là une langue à calligraphier soigneusement avec sa traduction pour ouvrir l’horizon d’une pensée précieuse en langue étrangère.

Avec beaucoup d’émotion parfois, on cachète la carte pour protéger la douceur intime des mots,  on colle le timbre - mauve pour l’international, vert pour la France - puis on patiente.

 

 

Le 26 avril au hangar des Souffleurs commandos poétiques avec l'association ASEA, le 19 juillet à la Maison des langues et des cultures d'Aubervilliers, le 20 juillet en pied d'immeuble de la cité Réchossière, Square Lucien Brun.


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Chasse au Trésor poétique

© Les Souffleurs commandos poétiques

Lundi 23 mai, les élèves de la classe de CM2 de l’école élémentaire Robespierre sont accueillis au hangar des Souffleurs commandos poétiques pour une mystérieuse Chasse au trésor poétique. Guidé par la mélodie du hang, chaque enfant pénètrera dans une forêt de mots et de langues maternelles, à la recherche d’une pensée poétique à confier au reste de la classe :


« Si nous ne nous réveillons pas, comment le matin peut-il venir ? »

Islam KAZI NASRUL (Bangladesh)
Trésor poétique municipal mondial d'Aubervilliers – texte 0039

Déposé en bengali par Aslam SHARIF MOHAMMAD le 16 mai 2013


Avant de plonger dans les graphies du monde à travers les pages du grand livre du Trésor poétique municipal mondial d'Aubervilliers, les enfants se relaient un à un pour faire vivre, à voix haute, la poésie multilingue comme on prendrait soin  des précieuses flammes d’un foyer.

 

Dans le cadre du parcours d’éducation artistique et culturelle (EAC) « Un siècle d’immigration en Seine-Saint-Denis » développé en partenariat avec le service des Archives municipales de la ville d’Aubervilliers et les Archives départementales de Seine-Saint-Denis (93).


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Manufacture familiale en 248 lettres de langue tamoule

Mardi 26 avril, au hangar des Souffleurs commandos poétiques avec l'ASEA - © Les Souffleurs commandos poétiques

13h30 au hangar des Souffleurs. Sont présents en ces vacances de printemps :

Mary et ses trois enfants : Shasmia 10 ans, Shasbeen 7 ans et Shadouik 5 ans.

Kalayanaki et ses trois enfants : Sayen 12 ans, Siran 10 ans et Sigan 8 ans.

Yasmin qui a finalement déposer son enfant au centre aéré.

Yamina qui est venue avec la fille de sa copine, Shaïma, 13 ans.

 

Nous sommes admiratifs de ces enfants, tous nés en France parfaitement bilingues. Shaïma apprend l’anglais et l’espagnol au collège et Sayen l’allemand et l’anglais. Nous accueillons également Lucie, de Montreuil, qui est socio-urbaniste, travaille avec des anthropologues sur la mémoire des quartiers. Elle est également artiste sonore.

 

Après les présentations nous commençons un jeu autour des berceuses du monde pour nous mettre en jambe. A vos stylos. Les enfants très à l’écoute, jouent le jeu à fond. Les adultes ne sont pas en reste. Yasmin, Shaïma et Yamina chantent de bon coeur les berceuses qu’elles reconnaissent dont plusieurs égyptiennes. Elles reprennent ”Mama zaman ha gaya“ une des berceuses du quiz. Elles y reconnaissent le peul et nous rappellent qu’il est parlé en Mauritanie, au Sénégal, au Mali. Plus généralement en Afrique de l’Ouest. Elles chantent aussi en arabe et en tamazight. Yamina est marocaine et Shaïma est moitié algérienne moitié marocaine. Il y a un tamazight parlé au Maroc et un en Kabylie Algérie nous précisent-elles. Chacune parle le sien mais elles se comprennent.

 

Nous leur parlons alors du Trésor poétique municipal mondial d’Aubervilliers et du Grand livre. Chacune, chacun y recherche sa langue. Kalayanaki explique que ses enfants ne lisent pas encore le Tamoul. Langue qui comporte…248 lettres ! Il y en a 28 en arabe. 26 en français mais Christine ajoute qu’en comptant toutes les particularités comme par exemple le ”ç”, le ”ph”, le ”ch” il y en a 55 environ. Nous feuilletons les tomes du grand livre. En s’appuyant sur une poésie déposée en Tamoul, Lucie évoque le crocus qui est le perce-neige, la fleur de lotus, le nénuphar.

 

Comment dit-on tomate en Tamoul ? Takali ! Tournesol ? Surienne ! La rose se dit Rosa pou. Pou signifiant fleur. Rosa pou, fleur de rose. Nous leur proposons de déposer à leur tour un texte de leur choix dans le Trésor poétique municipal mondial d’Aubervilliers.

 

Sayen dépose un texte composé dans l’instant sur la vie d’une aubergine. Yasmin et Yamina prennent le temps de réfléchir et apporteront des textes pour la prochaine séance. Pendant ce temps, Mary choisi d’écrire en Tamoul dans le grand livre : deux textes confiés aux Souffleurs commandos poétiques en février 2016 et en mai 2017. Deux espaces sur mesure laissés blanc dans le grand livre attendaient qu’une main attentionnée les calligraphie en tamoul pour les personnes qui nous les avait confiés.


Il est l’heure de goûter. Nous nous réunissons dans le jardin. Les enfants jouent, dessinent à la craie sur le chemin, sur les murs. Nous nous quittons sur cette joyeuse énergie en nous donnant rendez-vous pour la prochaine séance à la MPT Berty Albrecht.

 

Dans le cadre d'un cycle de manufactures de langues en partenariat avec l'Association Solidarité Emploi d'Aubervilliers.


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Depuis Aubervilliers - Forest of flying fish

© Les Souffleurs commandos poétiques

Le 10 février, dès le petit matin, les Souffleurs commandos poétiques recevaient dans un silence attentif les élèves de 3 classes de CE2 des écoles Condorcet et Balzac. Un accueil concocté en langues et en poésie pour découvrir les premiers poissons messagers expédiés à leur intention par d’autres enfants depuis Fukushima et l’île de Shimane.

 

Bientôt, depuis Aubervilliers, des poissons volants porteurs de rêve en une seule phrase de langue maternelle partiront pour d’autres écoles, vers d’autres territoires.

 

 

 

Forest of flying fish - Quelques mots à propos

 

Une île isolée comme une petite planète, une vraie forêt, des rêves d’enfants écrits sur les ailes de poissons volants confectionnés en origamis, postés depuis le monde entier et accrochés en suspension sur la végétation. Une forêt merveilleuse, comme un immense livre ouvert où apparaissent, en langue maternelle et en anglais, les rêves de nos enfants sur leur avenir et l’avenir de notre planète. Une forêt enchantée par les pensées des Petits Princes et Petites Princesses de la planète Terre. Une destination essentielle et joyeuse ! Cette proposition des Souffleurs commandos poétiques s’inspire du Petit Prince et imagine que tous les enfants du monde entier sont les Petits Princes et Petites Princesses de la planète Terre. Ils sont, par voie de conséquence, en droit de se poser les questions essentielles de leur avenir sur cette planète. La Forêt des poissons volants consiste en une double chaîne de transmission épistolaire, entre établissements scolaires du monde entier et l’Ile de Kamigoto.

 

 


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8ème journée du Versement

© Les Souffleurs commandos poétiques

Imam Saeed A. 23 ans, Scher A. 25 ans, Abdallah A. 11 ans, Hassan A. 60 ans, Mohammed A. 14 ans, Salima A. 51 ans, Lina A. 11 ans, Khadija A. 35 ans, Micheline A. 73 ans, Mohamed B. 62 ans, Jowel B. 32 ans, Amin B. 20 ans, Horia B. 61 ans, Saliha B. 54 ans, Constance B. 10 ans, Zalia B. 11 ans, Axel B. 67 ans, Olga C. 20 ans, Dipa C. 41 ans, Sandy C. 21 ans, François C. 79 ans, Issouf C. 11 ans, Mélissa D. 11 ans, Pulok D. 23 ans, Zabihullah D. 21 ans, Maria F. 53 ans, Djamila D. 32 ans, Zoé D-H. 9 ans, Maélis D. 11 ans, Magda E. 39 ans, Yesica E. 31 ans, Aboubakar G. 22 ans, Benita G. 11 ans, Sara G. 26 ans, Raisoudine H C. 24 ans, Zaki H. 25 ans, Mehedi H. 22 ans, Eleni H. 11 ans, Danni H. 41 ans, Yassin I M. 11 ans, Pascal I. 57 ans, Nithushan J D. 22 ans, Akshigan J. 11 ans, Menzo K. 10 ans, Kari K A. 49 ans, Namaké K. 11 ans, Amena K. 21 ans, Mamoudou K. 11 ans, Hassan L. 25 ans, Christine L. 58 ans, Enzo L. 11 ans, Julia L. 38 ans, Jacques M M. 66 ans, Anushiya M. 30 ans, Steven M. 12 ans, Sakil MD 24 ans, Haque MD M. 32 ans, Hossain MD R. 34 ans, Nur Hossain M. 23 ans, Kiron Moy M. 56 ans, Rhizlane N. 33 ans, Sophie N-L. 48 ans, Aekman N. 24 ans, Parwiz O. 23 ans, Carmen P. 60 ans, Trishna Rani R. 21 ans, Alicia R. 11 ans, Bijali R. 23 ans, Amanda R. 36 ans, Javier S. 45 ans, Nihad S. 25 ans, Rayane S. 11 ans, Abdelkader S. 44 ans, Clémence T. 36 ans, Catherine V. 62 ans, Mamadou W. 23 ans, Nerdjas Z. 11 ans …


Le Trésor poétique municipal mondial d’Aubervilliers creuse le lit d’une rivière. En cette journée européenne du patrimoine et à l’occasion du 8ème versement annuel au Trésor poétique municipal mondial d’Aubervilliers, les Souffleurs commandos poétiques remercient l’assemblée d’habitantes et d’habitants qui ont confié un petit bout de leur patrimoine poétique en 2021 à la mémoire de notre ville-monde !


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El sueño du yoyo - Tresse de langues

Manufactures du 15 et 22 juin 2021 avec l'Association Solidarité Emploi d'Aubervilliers, à la Maison des Langues et des Cultures d'Aubervilliers (93) © Les Souffleurs commandos poétiques

"9h00 à la la Maison des langues et des cultures d'Aubervilliers. Sont présents Nihad, Fatima, Khadija, Yesica, Nur Hossein et Parwiz. Olga est partie en formation.

 

Rappelle-toi, songe, souviens-toi, pense… Nous leur parlons de Valérie Catherine Richez et de son adresse au lecteur. On s’en inspire pour nos poésies. On choisit les adresses, on change des mots. On traduit dans sa langue maternelle. Une fois écrites, chacun tresse en lisant à tour de rôle en français puis dans sa langue respective.

 

Nihad et Nur Hossain en français, arabe et bengali. Fatima et Yesica en français, arabe et espagnol. Khadija et Parwiz en français, arabe et pashtou."

"[...] Chacune va au tableau pour écrire son acrostiche. Nous en profitons pour engager la discussion autour de certains mots choisis. Nous en tirons même, avec chacune d’entre elles, de courtes phrases poétiques.

 

N I H A D

N eige

I mpossible

H istoire

A rt

D ocument

 

Nous parlons de la neige. Christine évoque un tableau de Monet, La pie, que nous regardons ensemble. Nous parlons de la neige et de sa magie, sa couleur, les sensations que nous en avons, qu’elle nous provoque.

 

K H A D I J A

K ilogrammes

H istorique

A mour

D onner

I nfini

J oie

A me

 

Y E S I C A

Y oyo

E léphant

S ouvenir

I dée

C alme

A nimaux

 

Nous nous amusons autour du mot « yoyo », ce qui va et vient…Yesica adore l’éléphant et a beaucoup de souvenirs du pays qu’elle a quitté, la Colombie. Nous nous emparons de tous ces mots jetés pour recommencer à monter un arbrécédaire et décidons cette fois de l’écrire dans toutes les langues parlées par nos trois participantes : français, arabe et espagnol. Nous écrivons en phonétique afin de pouvoir faire rimer les mots et aboutir à une poésie tressée en trois langues. Khadija et Nihad nous apprennent à prononcer l’arabe. Yesica nous apprend à prononcer l’espagnol.

 

« Ton amour

Dikra

Douloureux y calma »

Par Khadija

 

« El sueño du yoyo »

Par Yesica

 

Nous les lisons à voix haute, puis Jando propose de nous dire en arabe un poème de Ounsi el Hadj « Qu’as-tu fais de l’or, qu’as-tu fais de la rose ». Khadija et Nihad ont tout compris et apprécient. Jando nous parle avec émotion d’Aïcha Arnaout qui nous a transmis sa langue et fait répété les poèmes en arabe. Il nous fait écouter un poème de Marmoud Darwich, enregistré par Aïcha. [...]"


Extraits de comptes-rendus composés  par Estelle et Jando des Souffleurs commandos poétiques.


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Mot à mot.

Manufacture du 25 mai 2021, à la Maison des Langues et des Cultures d'Aubervilliers (93)

« Arabe tunisien, non. Arabe marocain, non. Arabe égyptien, oui. Le berbère ou tamazight marocain nous est inconnu. Nous lançons le breton. Christine entend du basque, Magda de l’espagnol. L’italien n’est pas décelé. C’est son mari qui a vécu là-bas avec deux des enfants.

 

Une fois le quizz des berceuses du Trésor achevé, Vincent montre des photos mais ce n’est pas facile d’expliquer le mot « trésor ». Alors je dessine un coffre avec bijoux et pièces au fond de l’eau.

 
Timide, Magda fredonne Yala tnam, berceuse qu’elle chantait à ses bébés.

 
Elle accepte d’être enregistrée et de remplir une feuille de don. Nous l’accompagnons, nous avançons ensemble pas à pas. Mot à mot. Nous tâtonnons. La quête du mot
pigeon est une expédition en forêt tropicale. Je dessine des patates pour y voir clair sur notre brouillon qui chante et danse dans tous les sens. Jubilation. J’aime cette profusion, cette cuisine, ce medley.

 

Et puis, fière, Magda se met à rédiger au propre son premier dépôt au Trésor poétique municipal mondial d’Aubervilliers.

 

Dors, dors, je t’offre un pigeon !

Le pigeon ne va pas t’attendre.

Vole avec l’âme de bébé pour l’endormir. »

 

Extraits du compte-rendu composé  par Axel et Vincent des Souffleurs commandos poétiques.


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Commandos d'accueil et patrimoine poétique


Chuchotements multilingues - Les 18 et 20 mai 2021, Aubervilliers (93)

© Les Souffleurs commandos poétiques

 Traduire l’impossible

En possible joie.

Aller le chercher

Sur les flancs du monde,

À longueur de force.

 

Eugène Guillevic (France/Bretagne)

Trésor poétique municipal mondial d'Aubervilliers – texte 2019-064 / N°0945

Déposé en breton par Irène Le Goué le 16 février 2019

 

Commandos poétiques de bienvenue à la rencontre des habitantes et habitants qu’accompagne l’Association Solidarité Emploi d’Aubervilliers. En suite de ce premier accueil et guidés par le Trésor poétique municipal mondial d’Aubervilliers, Souffleurs et participants se retrouveront chaque semaine pour des manufactures poétiques plurilingues qui font se croiser les cultures et les langues avec pour vecteur commun l’apprentissage de la langue française : dépôts et transmission de textes poétiques, traductions collectives « mot à mot », écritures, calligraphies et enregistrements sonores.

 

Souffleurs et habitants se réuniront autour du patrimoine poétique des innombrables langues maternelles qui peuplent la ville et participeront à la lente constitution collective de cette mémoire inouïe. 

 

 

Avec l’ASEA, les Archives municipales de la Ville d’Aubervilliers, la Maison des Langues et des Cultures d’Aubervilliers.


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"Un jour je serai ce que je veux" - Trésor de visages patiemment constitué

Retour en images sur la clôture du projet "Un jour je serai ce que je veux" - Collège Gisèle Halimi - Aubervilliers (93)
Avec la première génération d’élèves de troisième, à l’aboutissement d’un cheminement poétique initié en novembre 2019

 

© Quennefer pour Les Souffleurs commandos poétiques & Les Souffleurs commandos poétiques

 [...]

Un jour je serai une idée qu’aucun glaive ne porte
A la terre désolée, aucun livre …
Une idée pareille à la pluie sur une montagne
Fendue par la pousse d’un brin d’herbe.
Et la force n’aura pas gagné,
Ni la justice fugitive.
[...]

 

Mahmoud Darwich / Extraits du poème Murale - Actes Sud, 2003


Tornade, Grande Exposition des visages, Bureaux des cartes postales et Tables des écritures. C’est un trésor collectif de visages patiemment constitué, le sien parmi les autres, que viennent retrouver et reconnaître joyeusement les collégiens en cette fin d’année scolaire.

 

« Mais la deuxième carte postale, elle est pour qui ? » 
« Pour soi-même, une fois adulte.»

 

Au dos de la deuxième carte postale, l’écriture peut commencer. Avec pour boussole, le vers de Mahmoud Darwich - Un jour je serai ce que je veux – et comme compagnons de route, les adjectifs choisis pour soi en atelier d’écriture ou offerts par le hasard de la Tornade.


La carte postale sera soigneusement expédiée par les Souffleurs commandos poétiques, une fois 18 ans révolus, pour mesurer le chemin parcouru comme celui qu’il reste à parcourir à l’aune de ses désirs et rêves d’adolescents. Dans une sincérité mordante, chacun s’entoure méthodiquement des petits papiers piochés au cœur de la Tornade puis se munit d’un stylo.

 

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Etiquetage, Levées d'écritures furtives et affichages

Étiquetage poétique - 28 janvier 2020 - Fabrique de santé Madeleine Brès, Aubervilliers - © Les Souffleurs commandos poétiques

 

Après des mois tumultueux, faits de rendez-vous en ligne sur les plateformes numériques, les artistes Souffleurs et les participants des groupes de l'ASEA se sont retrouvés en janvier avec un grand plaisir !

Pour clore cette saison d'échanges poétiques et multilingues, chaque groupe a imaginé un geste artistique instantané pour partager avec d'autres leurs découvertes, leurs réussites, leurs poèmes. 

 

Comment faire voyager la poésie dans la ville en cette période de contraintes sanitaires ?

... calligraphies sur panneaux et Levées d'écritures vagabondes furtives pour le groupe du mardi après-midi,

... étiquetage de poèmes multilingues, comme un feuillage d'hiver sur l'un des arbres de la Fabrique de santé pour le groupe du jeudi,

... création de petites affichettes poétiques offertes aux vitrines des commerçants pour le groupe du jeudi après-midi.

 

Ces moments ont été filmés, et donneront lieu à la création de trois films retraçant ces moments, à découvrir bientôt !


Autoportraits


Studios  Selfies en perspective d'une tornade de visages - Décembre 2020, Collège Gisèle Halimi - Aubervilliers (93) - © Les Souffleurs commandos poétiques

Autoportraits selfies en noir et blanc au cœur du Collège Halimi : les unes après les autres, les classes se prêtent au jeu des Studios selfies. Photos masquées et démasquées, tournoiement personnels et jeu de miroir au rendez-vous !


Poèmes d'écoliers d'hier et d'aujourd'hui

Petit cabinet d'écriture -  10 et 11 décembre 2020

Aux Archives municipales d'Aubervilliers (93)

Photos des Souffleurs et des élèves : © Willy Vainqueur - Ville d'Aubervilliers

À travers les concours de poésie et autres productions d’élèves, la poésie irrigue l’histoire des écoles d’Aubervilliers. Les Souffleurs commandos poétiques proposent aux élèves de CM2 un embarquement poétique immédiat : découverte de textes, et plongée collective dans un processus d’écriture poétique.

 

Dans le cadre des parcours EAC (Education Artistique et Culturelle) mis en place par la Ville d’Aubervilliers depuis 2020 auprès de toutes les classes de primaire. Les Archives municipales d’Aubervilliers sont en charge des parcours à destination des classes de CM2, ont proposé aux Souffleurs d’intervenir dans le cadre du parcours « Mon école à travers le temps ».

 

Exposition d'adjectifs


Exposition d'adjectifs - Décembre 2020, Collège Gisèle Halimi - Aubervilliers (93) - © Les Souffleurs commandos poétiques

En décembre 2020, une constellation d'adjectifs viennent orner les vitres du Collège Halimi...

Le projet "Un jour, je serai ce que je veux" débuté en mars 2020 avec les élèves de 4ième de l'établissement reprendra bientôt, suite à de nombreux rebondissements liés à la crise sanitaire !

Les adjectifs-compagnons de route rêvés par les élèves s'exposent en noir et blanc, et permettent de replonger dans l'univers des Souffleurs qui viendront en décembre faire des autoportraits selfies avec les classes.


Le soleil se lève à l'est

Manufactures ASEA en ligne - 3, 5, 17 et 19 novembre 2020 - Aubervilliers (93) © Les Souffleurs commandos poétiques

"10 heures. Nous apparaissons les uns après les autres à l’écran, toujours dans le même ordre, semble-t-il, et toujours affichant de grands sourires… C’est visible, nous sommes tous heureux de nous revoir. Nous nous saluons, et prenons des nouvelles les uns des autres. [...]

Suite à la dernière manufacture, où nous avions parlé de météo, celle du dehors et celle intérieure, Sakil a écrit un magnifique poème, que Christine nous a ensuite envoyé par email. Nous félicitons Sakil, et lui expliquons que nous avions l’idée que le vocabulaire météo pourrait être utilisé pour construire ensemble un texte sur la forme de ceux de Christophe Tarkos. L’extraordinaire, c’est que Sakil l’a fait tout seul, comme s’il avait deviné ce que nous projetions !! Bien sûr, Sakil le déposera au Trésor poétique d’Aubervilliers.

 [...]

 

Ils ont regardé à nouveau le blog. Sakil repose la question de savoir ce que les gens entendent dans le tube posé sur l’oreille des gens. Nous précisons que ce tube, nous l’appelons « rossignol », ce qui est également le nom d’un oiseau. Sakil nous dit que pour lui, le mot tube est facile à dire, mais le mot rossignol, c’est compliqué.

 

— Dans le tube, dans le rossignol, nous disons des poèmes, dit Christophe.

— Oui, doucement, doucement, répond Sakil.

Nous parlons de la tendresse, de la lenteur.

— On prend le temps d’être ensemble, ajoute Christophe.

 

Et pile à ce moment, Yin apparaît à l’écran ! On l’accueille avec enthousiasme.

— Ah, Yin ! Coucou Yin !

— Coucou !

 

Ça fait rire Sakil, qui répète le mot : « coucou ! coucou ! ».

On explique à Yin où on en est de nos échanges.

 

— Et toi, Yin, es-tu retournée sur le blog ?

— Oui, il y a des photos. En Chine, ça n’existe pas, les Souffleurs, alors c’est un peu bizarre.

— Qu’est-ce qui est bizarre ?

— C’est long, c’est long, dit Yin.

Elle joint un geste à la parole.

— Ah, c’est le tube qui est long, dit Christophe qui vient de comprendre.

— Le rossignol, corrige Sakil, qui, finalement, a très bien retenu ce mot et le prononce parfaitement.

 

On explique pourquoi le rossignol est si long, notre façon d’approcher les gens, de murmurer à leur oreille, ce qui est très intime, mais sans être trop intrusif, en respectant une certaine distance.

— Et puis, les mots, c’est joli, dit Yin. Les mots de chanson. Les mots des pays… Ça, ajoute-t-elle en nous montrant une image du blog des Souffleurs sur son téléphone.

 

 [...]

 

Soudain, le fils de Yin surgit derrière elle, vif et souriant, lève les bras en un grand signe de bonjour, et s’éclipse aussitôt ! Lumineuse et fraîche apparition !

Il ne reste plus que quatre minutes avant que Zoom n’interrompe notre session. Nous décidons d’envoyer par email à tous l’image que nous venons de décrire, ainsi que le tchat avec le vocabulaire listé. Chacun pourra continuer à la dépeindre et à enrichir notre liste de mots. Nous enverrons également cinq autres images (que nous avions préparées) à décrire pour la fois prochaine. Nous les invitons à inventer des phrases avec le vocabulaire recensé. Tout cela avec une petite idée de ce que nous en ferons la prochaine fois… Mais nous savons que tout est mouvant lors de nos manufactures, et que le maître mot, sans doute, est « souplesse ». Aussi ne dirons-nous rien ici de cette idée ; laissons-nous la chance de la sérendipité.

 

Ce qu’il faut de temps pour s’entendre, se comprendre, se répondre ! On voit sur les visages le travail intérieur, que s’y forment des visions, des pensées, et que de ces visions ou de ces pensées jusqu’aux mots pour les dire tout un chemin s’accomplit, qui n’aboutit pas toujours à une expression immédiatement par tous compréhensible.

 

Mais tous nous sommes en recherche, en quête, en enquête, en cordée, en apnée, en défrichage, en déchiffrage, pour le dire en un mot, nous sommes ENSEMBLE.

 

Extraits du compte-rendu de manufacture

Rédigé par les artistes Souffleurs Marie-Luc et Christophe